Santé & Bien-être

Endométriose, non tu ne m’auras pas !

Endométriose, non tu ne m'auras pas

Apprendre la nouvelle

11 juin 2018. Cette date restera gravée à jamais dans ma mémoire.

Ce jour là, j’apprenais en sortant d’un examen d’IRM que j’étais atteinte d’endométriose. Cette maladie chronique se caractérise par la formation de tissus en dehors de l’utérus touchant potentiellement d’autres organes. Cela se manifeste de plusieurs manières chez les femmes allant de douleurs pendant la période des règles, jusqu’à des crises handicapantes qui nécessitent des opérations chirurgicales. Pour ma part, il a fallu plus de 10 ans pour établir ce diagnostic, 10 ans d’errance médicale et de crises insoutenables.

J’avais pleuré toutes les larmes de mon corps ce jour là, devant la radiologue, dans la rue et dans le métro en rentrant chez moi.
Je ne connaissais presque rien de l’endométriose. Je n’avais que quelques infos par-ci par-là entendus à la TV ou lus rapidement sur internet.
Le peu que je connaissais se résumait en des mots tels que combats, infertilité, handicap au travail ou encore crises et une partie de moi refusait qu’ils fassent dorénavant partie de mon quotidien.

Gérer la maladie

J’ai mis du temps pour gérer la nouvelle d’autant plus après avoir découvert qu’il n’y avait pas encore de traitement. Je devais choisir entre prendre une pilule en continu pour arrêter mes règles ou me faire opérer pour enlever les lésions avec le risque très probable qu’elles refassent surface. L’idée de vivre avec des poches collées à mon ventre me terrifiait. J’ai donc choisi la première option pensant qu’elle serait la plus supportable.
J’étais loin d’imaginer les dégâts que ça allait engendrer, sur mon humeur, mon énergie et mon quotidien en général. Les premières semaines, je pouvais dormir des journées entières de fatigue. Dans les mois qui ont suivi, migraines et vertiges rythmaient mon quotidien. Il m’était par exemple impossible de prendre le métro et de me retrouver au milieu d’une foule ou de marcher plus de 20 minutes sans m’essouffler et avoir envie de vomir.

Mon manque d’énergie me poussait à rester cloîtrée chez moi, ce qui m’a menée malgré moi à réfléchir à la maladie d’une manière « rationnelle ». Quelles sont les causes ? Comment j’en étais arrivée là ? Elle est où la sortie de ce cercle infernal ? Comment me débarrasser de ces traitements chimiques qui me bousillent le corps sans prendre le risque d’avoir une crise brutale en pleine rue ou devenir infertile ? Le flux de questions n’arrêtait pas.

Vers la paix

J’ai réfléchi. J’ai lu. Je me suis documentée mais je me suis surtout longuement écoutée, longuement écouté ce corps qui voulait que je m’arrête, que je me fasse enfin du bien, que je nous fasse du bien.
J’ai décidé d’entrer dans un processus de paix avec moi-même, où je gère mieux mes émotions, surtout les émotions négatives car j’ai compris avec le temps que ce genre de maladie se développe entre autres en réaction à ce que nous faisons subir à notre corps.
J’ai aussi fait un retour à la nature et pris tout ce qu’elle avait de bien à m’offrir, notamment grâce à l’alimentation anti-inflammatoire.
Jusqu’au jour où, je me sentais prête à arrêter mon traitement et à commencer mon processus d’auto-guérison avec l’aide de la nature mais aussi de mes proches.

La décision était dure à prendre car je prenais le risque d’avoir mal, que l’endométriose se développe encore plus et que je mette en péril une éventuelle grossesse plus tard. Néanmoins, j’étais sure de mon choix car dorénavant, mon corps et moi, nous nous aimons très fort et je lui narre mon amour chaque jour même s’il a été abîmé par les médicaments.

L’endométriose, aujourd’hui

Aujourd’hui, ça fait plus de trois mois que j’ai arrêté mon traitement et je vais bien. Je vais même très bien.
Pour la première fois depuis plus de 15 ans, je n’ai pas eu mal au moment des règles. C’est presque du miracle pour quelqu’un qui vivait au rythme des crises pendant toutes ces années. Je ne veux pas me précipiter en disant que je suis complètement guérie. Toutefois, j’ai certainement franchi une première grosse étape dans mon chemin vers la guérison.

Aujourd’hui, j’ai décidé d’en parler parce que ça me fait du bien. Ca fait aussi partie de mon processus d’auto-guérison. Je poste une photo de moi dans un corps que je n’assumais pas il y a encore quelques mois. J’ai un gros bouton sur le visage. Il ne veut pas partir depuis début juin et il est hors de question de l’éliminer avec Photoshop. C’est tellement du détail tout ça !

Aujourd’hui, mon texte s’adresse principalement à toutes ces femmes qui souffrent d’endométriose. Elles sont malheureusement de plus en plus nombreuses (1 sur 10 en France). J’en connais beaucoup qui vivent dans une peur constante. Il y en a qui ont perdu leur travail ou leur conjoint à cause de la maladie. Beaucoup aussi subissent des traitements qui leur font mal et qui se posent la question d’arrêter. Je n’écris pas en conseillant de suivre ce que j’ai fait mais j’invite à prendre des moments de répit pour s’écouter et les réponses viendront toutes seules.

Je m’adresse aussi d’une manière générale à tous ceux qui arriveront à ces dernières lignes pour rappeler qu’un petit stop de temps en temps, pour réfléchir, pour prendre du recul afin de repartir sur de bonnes bases, ça ne fait pas de mal. Si on décide de s’attribuer le statut de malade, on le restera. Si on est dans une impasse peu importe sa nature et qu’on décide de ne pas entrevoir une issue de sortie, jamais on s’échappera de cette impasse. Et ainsi de suite…

Et finalement, tout est surmontable. Il suffit juste d’y croire, fort, très fort.

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